Crédit : www.mademoisellemaurice.com - Photo : Stève Siracuse

Manger bio sans dépenser plus !

Si le bio gagne du terrain, il traîne toujours un lourd handicap derrière lui : son prix.
Résultat : de nombreuses familles hésitent à franchir le pas ou ne se fournissent que partiellement en produits bio. Pourtant, il existe une astuce toute simple pour passer à une nourriture saine sans dépasser son budget… Seule condition : se la jouer « collective » ! Explications :

Pour manger bio au prix du non bio, il n’y a qu’à faire comme ces familles de la Vienne dont le système (solidaire et malin !) a été mis en lumière par le site WeDemain.

Leur stratégie ? Se constituer en groupement d’achats. Leur objectif : obtenir des prix comparables aux tarifs de l’industrie non bio, tout en encourageant les producteurs locaux. Et ça marche !

(Crédits : Claire Marquis)

Chaque famille (elles sont 20) est responsable d’un type de produit (le lait, le miel, le pain, le savon, la viande, la bière, les tisanes, les huiles essentielles…). Chacune, dans son domaine, est chargée de recueillir les commandes des autres adhérents et de gérer l’approvisionnement au meilleur prix.

Tout ce petit monde se réunit une fois par mois autour du catalogue recensant les produits alimentaires ou domestiques. Histoire de faire le point sur les commandes passées et à venir, mais aussi de passer un bon moment tous ensemble. Ils le savent : leur nombre fait leur force. Tout autant pour bien manger sans se ruiner que pour soutenir le développement des producteurs bio.

Les pommes de terre proviennent, par exemple, d’une maraîchère du village que le groupement d’achat a aidée à s’installer. Chaque famille s’est engagée à lui commander 40 kg de patates par an. Résultat : l’agricultrice a la garantie d’écouler sa production, tandis que ses clients ont droit à un tarif de choix : 1,50 € le kilo (s’ils les ramassent eux-mêmes) !

Quelles sont les économies concrètement réalisées par les membres du groupement ? Difficile de donner un chiffre précis. Mais nul besoin d’avoir fait HEC pour savoir qu’un sac de sucre de 20 kg coûte moins cher que 20 sacs d’un kg ou qu’une roue de fromage pesant 10 kg vaut moins que 20 fromages de 500 grammes !

Exemple : les lentilles vertes bio achetées par le groupement. Vendues théoriquement 3,40 € le kg à la ferme, elles ne coûtent plus que 2,90 € le kg par sac de 25 kg (et si vous vous rendez dans un magasin bio, il vous en coûtera 3,90 €) !

Comme l’a confié l’un des membres du groupement à WeDemain :

« On arrive à se procurer une alimentation bio au prix de produits qui ne le sont pas. »

(Crédit : Claire Marquis)

Tout au long de la soirée, chacun à leur tour, les différents membres distribuent leurs denrées, font circuler une feuille pour que les autres inscrivent la quantité qu’ils désirent le mois suivant. « Qui veut un demi-sac de sucre avec Martine ? », « Qui récupère les produits de Marie ? », « Est-ce que je peux déduire le pain des savons ? » Les échanges se font dans un joyeux souk organisé. On sort les chéquiers, on fait tinter les centimes et on se lance dans des comptes d’apothicaire. « En sept ans, il n’y a jamais eu le moindre problème d’argent, précise Claire. Ça se base sur la confiance.»

Seul (tout petit) bémol, ce groupement d’achats refuse de s’agrandir. Privilégiant la convivialité et la simplicité des échanges, il ne souhaite pas s’institutionnaliser. Alors, plutôt que d’accueillir de nouveaux membres, il aide les personnes intéressées à reproduire le même système et à créer leur propre groupement. Sympa.

Grâce à leur astuce, ces familles de la Vienne mangent sainement, font des économies et donnent leur chance aux producteurs locaux. Le tout, s’il vous plaît, dans la bonne humeur collective. Le genre d’initiative alléchante qui, on l’espère, deviendra contagieuse !

Sourire récolté sur Positivr.fr et semé par WeDemain.

Dans le même ordre d’idées, nous vous avions parlé de cette commune qui avait fait le choix de regrouper les habitants qui le souhaitaient, en vue de négocier une meilleure mutuelle pour tous (lien ici).

Comme quoi l’union fait bien la force !