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Avatar kids : Nao va à l’école à leur place !

Sourire chassé sur sciencesetavenir.fr

cover-r4x3w1000-59560e2747b0c-capture-d-e-cran-2017-06-30-a-10-05-55©YVES GELLIE

Dans un coin de la classe, l’excitation est palpable. L’un des enfants prend la parole. « Sasha, est-ce que tu peux tourner la tête ? »  Face à eux, un petit robot humanoïde s’exécute pour le plus grand bonheur de son public. « Comment vas-tu Sasha ? », demande un autre. Pendant une demi-heure, l’échange se poursuit entre la grande section de l’école maternelle Albert-Samain de Ronchin (Nord) et le robot. Celui-ci est commandé à distance par Sasha (5 ans et demi), un élève de la classe atteint, depuis décembre 2016, d’un neuroblastome surrénalien. Une tumeur maligne qui constitue l’un des cancers les plus fréquents chez l’enfant. Et les traitements (chimiothérapie, radiothérapie, autogreffe…), qui affaiblissent son système immunitaire, lui interdisent depuis de fréquenter l’établissement scolaire.

Sasha partage donc son temps entre le centre Oscar-Lambret de Lille et son domicile. Pour lui comme pour la plupart des enfants dans sa situation, bien que suivant toujours un enseignement, si rien n’est fait pour préserver les liens avec ses camarades, l’enfant malade se retrouve isolé dans un cercle familial restreint. Ce qui rend plus difficile encore la période d’hospitalisation, et plus angoissant le retour en classe.

Maintenir ce lien précieux est donc la principale raison d’être du programme de téléprésence baptisé Avatar Kids. Par l’intermédiaire du robot de type Nao, une machine à plus de 20 000 € (coût non supporté par l’hôpital) de la société japonaise Softbank Robotics, Sasha peut ainsi, le temps d’une connexion, se retrouver au milieu des autres élèves. Le téléphone fixé sur la tête de l’humanoïde permet un dialogue en visioconférence. Sasha pilote son avatar à l’aide d’une tablette qui lui permet de lui faire effectuer des actions simples (lever la main, tourner la tête) ou de mimer des comportements tels que le rire, la joie, la colère, la tristesse…

Une expérience qui a débuté à Bâle

C’est en Suisse que l’initiative Avatar Kids a commencé, lorsque Jean-Christophe Gostanian, directeur de la société suisse Avatarion Technology, a créé un atelier de robotique pour les enfants dans les hôpitaux en 2014. « De là m’est venue l’idée de ce projet d’avatar », explique-t-il. Le premier est mis en place en 2015 avec l’hôpital universitaire de Bâle. « Depuis, nous avons réussi à installer environ 25 Nao dans une dizaine d’hôpitaux en Suisse, financés grâce à des dons ou des mécènes », explique l’ingénieur.

La France s’y intéresse dès l’année suivante, par l’intermédiaire de la société ERM Robotique, qui part en quête d’un hôpital susceptible d’accueillir une expérience pilote, et c’est le centre Oscar-Lambret de Lille qui répond à l’appel.

L’hôpital a fait venir un psychologue dans la classe pour expliquer la maladie très simplement à l’aide d’une marionnette. « Puis Sasha nous a envoyé une lettre expliquant qu’un ami robot allait venir dans la classe pour lui permettre de parler avec eux. Cela a été le point de départ d’un travail sur les robots et a permis de remettre les idées en place, par exemple qu’ils ne lancent pas de missiles ! » raconte Cécile Mériaux, la maîtresse de Sasha. La première connexion a eu lieu en avril, devant toute la classe, puis en petits groupes « pour que tout le monde puisse se parler » lors des connexions suivantes.

Pour généraliser ce dispositif en France, une quinzaine robots pourraient suffire. Et au niveau européen, « nous travaillons à déployer le projet Avatar Kids en Allemagne à partir de septembre, et l’année prochaine en Grande-Bretagne », assure Jean-Christophe Gostanian.

L’article complet : https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/robot/avatar-kids-quand-le-robot-va-en-classe-a-ta-place_114314