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Mes trop jolis adieux

New Life

Sophie Calle, dans son livre Prenez soin de vous, a offert sa lettre de rupture à la lecture de 107 femmes, pour s’en défaire, la disséquer, l’épuiser et faire ce que lui avait prescrit l’auteur de la lettre qui la terminait par ces mots : prendre soin d’elle.

Rompre une histoire d’amour, c’est sans doute l’une des choses les moins gaies. Pourtant, au lieu du sang et des larmes, des invectives et des insultes, si nous prenions un peu le temps de désacraliser l’acte, lui donner un sourire (ok, même un rictus peut faire l’affaire), cela rendrait les choses si ce n’est plus faciles, en tout cas plus douces ou drôles (au moins quelques années après). Ce n’est pas miraculeux, certes, mais ça libère un peu et c’est déjà pas mal. Il ne s’agit pas de devenir insensible ou cynique, mais plutôt de rire de soi. Savoir relativiser et prendre du recul permet d’envisager une guérison plus rapide.

Dans ce sillage, Smaïl Chertouk et Karin Alexandra Heisele, auteurs du livre Rupture tranquille qui regorge de boîtes à outils, méthodes, conseils, quizz, récits, sont à votre disposition pour anticiper et gérer la rupture. Suivez les conseils avisés des Rupt’Coachs comme Super romping Nanny, experte en romping reeducational program, le psychologue Dr Adam Rompailleur, avec sa célèbre méthode du speed romping aujourd’hui exportée dans le monde entier, ou encore le sexologue Dr Suck Norris, à l’origine des travaux sur la tectonique des claques à Laval. Découvrez comment quitter un trader, un publicitaire ou un informaticien, calculez votre quotient rupturel et cuisinez des recettes inédites : la dinde de thanks romping, le pain perdu aux sardines ou bien encore les friches and chips.

Il y a quelques années, une amie avait rencontré dans le métro, entre Franklin Roosevelt et Louvre Rivoli, un homme qui a partagé sa vie un moment. Je vous livre sa lettre de rupture, son « adieu Mais trop poli hein ? »

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Je me souviens de notre rencontre Bienvenue entre Franklin Roosevelt et Louvre Rivoli. La vie s’ouvrait comme un Grand Boulevard, une Bonne Nouvelle. Je voulais faire de notre vie un Palais Royal, tu étais des Arts et Métiers et fuyais les Sentier battus. Nous étions amoureux et Volontaires, l’air fleurait bon le Jasmin, la vie semblait un Opéra. Ensuite nous avons voyagé, entre Pyramides et périples en Europe comme un Bel Air de tango d’Argentine sur une Place des Fêtes sublimes. Nos nuits Blanche. Tout n’était que Gaité. Tu prenais les Rennes pour que notre amour soit une Cité dans les Étoiles. Même quand un rhume me clouait au lit, j’avais envie de te dire « Bercy », pour tout. Tout n’était que Plaisance et Monceau de réjouissances. Hélas ensuite tu t’es installé, Rue des Boulets…. Convention du quotidien, nos vies sont devenues Ternes et nos sentiments, comme passés à la Javel, Invalides. Tu m’as laissée sur le Quai de la Gare. Puis je suis devenue le Cadet de tes soucis, tu as décidé d’arpenter l’Esplanade de la Défense. Ce fut l’ère Glacière. Tu m’as attaquée comme une prise de la Bastille, sans chercher la Concorde. Notre amitié devint Muette, une vraie Fille du Calvaire et tu m’as fait vivre un St Supplice pour quelque chose de Passy grave et pour lequel j’étais Issy innocente. Tu as tout vu à l’Anvers et m’a fait pleurer comme une Madeleine. Tu m’aurais brisé les Bourses si j’en avais eues, tu t’es contenté de me les détrousser dans ton Commerce de méchancetés. Lâche, tu aurais pu fuir à Varenne si tu avais été un roi… mais tu es sans Couronnes et te comportes comme un Pantin. C’est pourquoi aujourd’hui chacun emprunte son côté de la Fourche.

Reçois donc ce triste Télégraphe comme ma remise en Liberté. Si tu cherches l’affection que je te portais, elle est au Père Lachaise, Laplace qui lui revient.

L’idée est de donner des pistes pour des ruptures un peu plus « originales ». Au lieu de vous défouler sur le Nutella, faites frétiller votre plume, même avec l’aide d’amis, et inventez la vôtre !