Crédit : www.mademoisellemaurice.com - Photo : Stève Siracuse

Son handicap ? Ça lui fait 12 belles paires de jambes !

aimee-mullins-smallAimee Mullins est, à elle seule, un pied de nez à la fameuse phrase « pas de bras, pas de chocolat » !

Elle, elle n’a pas de jambe et elle montre qu’on peut quand même avoir la tablette entière !

Elle est née avec une ectromélie longitudinale externe et a été amputée sous le genou à l’âge d’un an. Cela ne l’a pas empêchée de devenir athlète, mannequin, actrice et activiste. Elle a une collection de prothèses – une douzaine – qui lui confèrent vitesse, beauté et ce dont nous rêvons toutes perchées sur nos Stiletos : 15 cm additionnels !

Elle étudie à l’université de Georgetown à Washington. C’est là qu’elle pratique l’athlétisme à haut niveau aux côtés d’athlètes valides, dans le cadre de la National Collegiate Athletic Association, devenant alors la première athlète amputée à participer aux compétitions de la NCAA. Elle participe aux Jeux paralympiques de 1996 à Atlanta dans les épreuves du 100 mètres (éliminée en demi-finale après avoir couru en 17 s 01′) et du saut en longueur (où elle se classe 7e et dernière de la finale avec un saut à 3,14 mètres). aimee_mullins d

Ses études à l’université de Georgetown lui permettent aussi de bénéficier d’un programme du Département de la Défense et de faire un stage au Pentagone.

Rien n’arrête cette coureuse effrénée : mannequin pour le couturier britannique Alexander McQueen à Londres, elle défile avec des prothèses en frêne, sculptées à la main. Elle a également été nommée parmi les 50 plus belles personnes au monde par le magazine People. En 2004, elle est photographiée par Nick Knight pour le calendrier Pirelli. Elle devient en 2011 l’égérie de L’Oréal pour la gamme Accord Parfait. Elle se lance avec le même engouement dans le cinéma (Cremaster 3, Hercule Poirot,World Trade Center…).

Aimee-Mullins-Full-body-1MBLors d’une conférence TED en 1998, elle explique comment elle a surmonté cette épreuve et comment l’adversité n’est plus pour elle qu’un moyen d’« ouvrir la porte du potentiel humain ».

« Je ne savais pas quoi dire. Alors j’ai raconté que mes prothèses n’avaient rien d’un handicap, que Pamela Anderson avait plus de prothèses que moi et que ça n’en faisait pas une handicapée, que la beauté n’avait rien à voir avec la normalité et que chacun, devant sa propre réalité, doit toujours se réinventer. »

Elle redéfinit tout simplement la perception commune des limites du corps humain.

Comme elle, d’autres mannequins tels Kelly Knox (née sans avant-bras gauche) et Jack Eyers (né avec un déficit fémoral proximal, donc une jambe sans fémur) montrent que les diktats des magazines de mode peuvent être brisés. Tous deux se mettent d’accord sur le fait que « beauté » et « handicap » ne sont pas incompatibles et qu’il convient de « briser les limites de ce qu’on appelle “le beau” ». « Un bon mannequin ne doit pas être défini par son handicap, sa couleur de peau ou sa taille », ajoute Kelly Knox. « Si je suis le visage d’une campagne de beauté, peu importe si j’ai deux mains, une seule ou douze ! »