Crédit : www.mademoisellemaurice.com - Photo : Stève Siracuse

Rencontre avec un aventurier culinaire : interview de Matthieu Housse

Matthieu HousseLayticia Audibert : Peux-tu me décrire ton/tes activités?
Matthieu Housse : Je suis traiteur. Traiteur « polyvalent à tendance artistique ». Je suis originaire du secteur des parfums où j’ai travaillé pendant plus de 5 ans. Mon activité est d’organiser des « événements culinaires » savoureux et conviviaux pour particuliers et entreprises. Je cuisine le plus souvent sur place pour garantir la fraîcheur et le meilleur goût possible de mes plats. Je suis également photographe à mes heures perdues (ou gagnées). En dehors de mes plats que je prends en photo, ce sont des instants de vie au cœur de Paris ou d’ailleurs que j’aime capturer.

L.A. : Comment es-tu devenu « aventurier culinaire » et comment as-tu choisi cette appellation?
M.H.
: Je n’ai pas fait l’école hôtelière et je ne veux donc pas usurper le terme de « chef » qui revient à des hommes et des femmes passés maîtres en « gastronomie ». Mais mon expérience aujourd’hui me permet de rivaliser avec cet art. Pour ma part, je m’attache à faire de la « cuisine » raffinée et créative, sans oublier ses fondamentaux. Je porte un soin tout particulier à la présentation afin que vous soyez séduit par le plat avant même d’y goûter.
Je suis constamment à la recherche de nouveaux accords de saveurs que je découvre par des voyages ou des rencontres. Je pratique également mon activité pour des occasions spéciales dans des lieux insolites et coupés du monde, tels que des bâtiments abandonnés, des carrières de pierre, etc. Ce sont ces deux aspects qui font que je me désigne comme étant un « aventurier culinaire ».

L.A. : Quel moment de ton activité préfères-tu?
M.H.
: C’est le moment où le plat arrive sur la table exactement tel que je le voulais. C’est l’accomplissement de mon travail. Je peux, à ce moment, prendre quelques instants pour voir la satisfaction des convives. Je sais que mon plat leur plaît lorsque, quand ils mangent, soit ils ne parlent plus et dégustent, soit ils parlent du plat ou de cuisine, soit ils parlent de leurs passions.

L.A. : Qu’est-ce qui te donne le sourire le matin en te levant et le soir en te couchant ?
M.H.
: Matin : un rayon de soleil qui passe par la fenêtre et qui me réveille doucement.
Soir : un bon whisky écossais, single malt, âgé et bien tourbé.

L.A. : Qu’est-ce que tu as envie d’inspirer ?
M.H.
: J’ai envie de donner envie aux gens de vouloir (re)découvrir une cuisine savoureuse, d’aller au-delà de ce que peuvent proposer aujourd’hui certains restaurants à des prix exorbitants et souvent pauvres en qualité.
Au-delà et indirectement, j’ai envie d’inspirer les gens dans leur passion et leurs idées, en créant un moment de détente et de stimulation des sens, au travers de mes plats.

L.A. : Quel est le moment le plus émouvant que tu as vécu dans ta carrière et dont tu gardes un souvenir souriant ?
M.H.
: Eh bien, peu avant Noël dernier, j’ai organisé un cocktail dans le VIIIe à Paris. À la fin, il me restait des mini steaks tartares ainsi que des crèmes de foie gras. Sur le chemin du retour, j’ai croisé à un feu rouge cinq ou six SDF qui s’étaient installés sur une bouche de métro et qui avaient décoré ce « lieu » où ils vivaient avec des choses trouvées dans la rue et notamment un sapin et des guirlandes. J’ai bien aimé cet esprit de Noël et j’ai décidé de leur offrir ces pièces de cocktail qu’il me restait pour égayer un peu leur soirée. J’ai été surpris que celui à qui je me suis adressé, parmi les deux qui étaient réveillés, soit un Anglais. Mais ce qui m’a le plus ému, c’est le remerciement et la reconnaissance qu’il avait dans son regard, qui était pourtant embué par les vapeurs d’alcool. Je lui ai demandé de bien vouloir partager avec ses compagnons. Il a acquiescé et je suis parti. Cela a été un moment fort.

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